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Le SIEG, un « outil politique innovant » : entretien avec Pierre Roth

30/05/2022

Le SIEG, un « outil politique innovant » : entretien avec Pierre Roth

Pierre Roth, conseiller municipal délégué à l’économie sociale et solidaire (ESS) et vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg, dispose d’une longue expérience en matière d’économie sociale et solidaire. En 40 ans, il a ainsi réalisé des expériences allant de la co-fondation d’Envie, une entreprise sociale et solidaire, à la participation à la reconstruction et au redémarrage de petites entreprises et TPE,  dans des territoires très différents. 


A travers cet entretien, il nous donne sa vision sur un outil encore peu connu par les acteurs publics : les services d’intérêt économique général (SIEG). 

Pourquoi les collectivités doivent-elles miser sur l’économie sociale et solidaire ?

 
Pour les collectivités territoriales, l’économie sociale et solidaire (ESS) est une réponse au besoin d’une action territoriale de proximité. L’ESS permet de créer des entreprises adaptées au territoire, non délocalisables et qui agissent pour l’économie locale. 
Catherine Trautmann, ancienne maire de Strasbourg œuvrait déjà en ce sens. Le mandat actuel s’inscrit dans la continuité et a pour objectif de doubler le nombre de salariés dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. 


Le SIEG est-il un outil adapté aux besoins du secteur de l’économie sociale et solidaire ? 


Oui, l’économie sociale et solidaire est un domaine qui innove beaucoup. Un groupe de personnes se forme et tente d’apporter une réponse nouvelle à une problématique ; le SIEG s’inscrit également dans cette dynamique d’innovation et permet de déconstruire l’idée qu’on ne peut pas faire en même temps du développement économique et de l’intérêt général. 


A titre d’exemple, la notion de SIEG a été évoquée dès 2014 sur la question du textile. La filière de réemploi et recyclage des textiles, linges et chaussures évoluait alors rapidement et avec elle l’augmentation des pratiques illégales. L’expérimentation SIEG a permis de structurer la filière et de pérenniser des structures locales.


Quels retours pourriez-vous faire sur cette notion, à la suite des projets qui ont pu être mis en œuvre sur le territoire ? 


La mise en place d’un SIEG permet de faire travailler les acteurs ensemble. Le SIEG est en effet un outil de co-construction qui permet une phase de concertation et de discussion. Les réponses aux obligations de service public fixées par la collectivité sont élaborées avec les acteurs et non imposées entièrement. Cet outil est plus souple à mettre en œuvre qu’un marché traditionnel par exemple et permet de favoriser la co-construction plutôt que la compétition. 


Le SIEG est un outil qui sait s’adapter à une pluralité de sujets, comme on le voit sur notre territoire :  recyclerie, équipements numériques, tiers-lieu d’innovation et de coworking pour les acteurs de l’ESS. Il permet d’inventer et structurer une nouvelle filière (textile, numérique-réemploi par exemple) et d’éviter que les grands groupes se positionnent et prennent le marché en imposant des pratiques moins favorables à l’économie locale. 


Enfin, bien que la notion mériterait de faire l’objet d’un travail d’harmonisation entre les acteurs étatiques, les juristes et les acteurs locaux, le SIEG permet déjà le respect du code de la commande publique et de sortir de la problématique des aides d’Etat, en particulier d’éviter la barrière des « minimis ». Pour accompagner l’innovation que constitue cet outil politique, l’idée de former les différents acteurs qui y sont confrontés est intéressante.


Citia 
Conseil en achat public