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Mémoire en réclamation : une formalité substantielle

19/03/2021

Mémoire en réclamation : une formalité substantielle

Dans une décision du 3 février 2021, le Conseil d’État rappelle la formalité à accomplir, préalablement à la saisine du juge administratif, pour contester une résiliation aux torts et demander la résiliation d’un marché de travaux pour ordre de service tardif et l’indemnisation associée des frais et investissements engagés pour le marché et nécessaires à son exécution.

Un acheteur public a conclu, le 31 décembre 2013 un marché public portant sur des travaux de dragage, d’entretien des postes d’attente fluviaux sur les bassins ouest du port.  Suite à un retard d’émission de l’ordre de service de démarrage des travaux, le titulaire a demandé la résiliation du marché. L’acheteur ayant rejeté sa demande, le titulaire lui a adressé le 26 février 2015 un mémoire contestant ce refus et réclamant l’indemnisation de son préjudice. L’acheteur a, par une décision du 5 mars 2015, résilié le marché aux torts du titulaire. Ce dernier a alors saisi le tribunal administratif d’une demande tendant à ce qu’il prononce la résiliation du marché pour ordre de service tardif et condamne l’acheteur à lui verser une indemnité de 1 432 215,07 €. 


Le tribunal administratif a accueilli cette requête et a condamné l’acheteur à verser une indemnité de 516 316, 78 € en compensation des frais engagés pour assurer l’exécution du marché. En appel, le juge confirme la décision du tribunal administratif et porte l’indemnité à 644 656,14 €. L’acheteur se pourvoit donc en cassation. 


Le Conseil d’État rappelle, qu’aux termes de l’article 46.2.1 du CCAG Travaux : « Dans le cas où le marché prévoit que les travaux doivent commencer sur un ordre de service intervenant après la notification du marché, si cet ordre de service n'a pas été notifié dans le délai fixé par le marché ou, à défaut d'un tel délai, dans les six mois suivant la notification du marché, le titulaire peut (...) demander, par écrit, la résiliation du marché. / Lorsque la résiliation est demandée par le titulaire en application du présent article, elle ne peut lui être refusée. (...) / Lorsque la résiliation est prononcée à la demande du titulaire en application du présent article, celui-ci est indemnisé des frais et investissements éventuellement engagés pour le marché et nécessaires à son exécution. Il doit, à cet effet, présenter une demande écrite, dûment justifiée, dans le délai de deux mois, à compter de la notification de la décision de résiliation ».

 

Sur la base de cette disposition, il semble que toutes les conditions soient remplies pour faire droit à la demande de résiliation du marché par le titulaire, pour ordre de service tardif et au versement d’une indemnisation.


Néanmoins, la haute juridiction rappelle l’exigence d’une formalité essentielle : le mémoire en réclamation !


En effet, aux termes de l’article 50.1.1 du même CCAG : « Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous toute autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justifications nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre (...) ».


Le Conseil d’état relève que dans le cas d’espèce, cette formalité n’a pas été respectée. En effet, la circonstance que la résiliation du contrat ait été prononcée par l’acheteur public aux torts du titulaire ne saurait avoir pour effet de dispenser le titulaire de cette formalité. Par conséquent, la cour administrative a commis une erreur de droit en considérant que la méconnaissance de cette formalité ne pouvait être regardée comme substantielle et de nature à affecter la recevabilité de la réclamation du seul fait de cette circonstance.


Le Conseil d’État en a donc tiré les conséquences et l’arrêt de la cour d’appel est annulé.

 

Citia,
Conseil en Achat public


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